Cargo 2013: de Rouen jusqu’en Guadeloupe sur le porte conteneurs Fort Sainte Marie

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Naviguer sur la Seine,  tout en haut d’un porte-containers

2_4Tancarville_ (10)Embarquement mercredi 16 octobre en fin de matinée, dans le port de Rouen, sur le Fort Ste Marie, cargo porte-containers de la Compagnie CMA –CGM de près de 200 m de long et de 30 m de large.
Il pleut beaucoup sur Rouen au moment de l’arrivée du train et tout au long du trajet avec la navette «Interports» jusqu’à l’arrivée au pied du Fort Ste Marie avec un embarquement sous la pluie battante. Formalités d’embarquement rapidement réalisées au « ship-office » et très vite je prends possession de ma cabine « Océan Indien » comme lors de la précédente traversée.
Toutefois, en fin d’après-midi, un beau rayon de soleil éclaire la Seine et demain la météo 1_1Port_Rouen_16oct (3)prévoit un temps agréable pour accompagner notre descente de la Seine. Un seul regret, l’appareillage est prévu avant 5 h du matin en pleine nuit noire!

M. Nédélec commande le navire pour cette traversée. Il était aussi le commandant l’an dernier lors de mon retour des Antilles sur ce même Fort Ste Marie. Je reconnais aussi le Lieutenant de Sécurité de l’an dernier et notre « garçon passager» qui assure maintenant la fonction d’aide de cuisine.
Voyage classique vers la Guadeloupe, après la descente de la Seine, en suivant l’escale du Havre, le contournement du Cotentin et de la Bretagne avant Montoir de Bretagne pour une dernière escale précédant la traversée océanique. Le Fort Ste Marie est attendu à quai au port de Jarry en Guadeloupe, le lundi 28 octobre 2013 à 7 h.
Pour cette traversée nous ne serons que 2 passagers à bord. Mon compagnon de voyage, un Suisse Alémanique est attendu à l’escale du Havre.

Le Fort Ste Marie a fière allure avec sa coque repeinte d’un bleu profond après son escale FSP_rade_Bresttechnique et son passage en cale sèche à Brest au début de l’année 2013. La photo montre une image insolite du navire, en rade de Brest, lors de son départ après l’arrêt technique. En effet le porte-containers, très haut sur l’eau, ne porte encore aucun container !
En ce début d’après-midi, comme dans un ballet bien réglé, les portiques du port placent des containers sur la partie avant du navire.
Sur le fleuve, un peu de trafic et surtout la manœuvre d’un pétrolier qui, avec l’aide d’un remorqueur, effectue un tour complet pour positionner son avant vers l’aval du fleuve et pouvoir ainsi entamer sa descente vers la mer. Quelques petits cargos, des péniches, des navires de plaisance et le bac N°20 qui remonte le courant avec deux voitures à son bord. J’ignore où il va accoster pour débarquer voitures et passagers.11_b7_fin_remontee (29)
Si le navire amarré au quai ne bouge que très peu, les vibrations produites par la machine sont bien sensibles.
Vers 18 h, superbe soleil sur la Seine avec une température douce à 16°8.
J’effectue le tour du navire et nouveauté par rapport à l’an dernier, une plante est apparue à la passerelle du Fort Ste Marie.

Le « menu » du jour présent sur la table de la salle à manger présente comme de coutume le détail de ce qui sera servi à table au cours du déjeuner et du dîner. Il détaille aussi les informations à destination de l’équipage … et des passagers. On peut y lire que le mascaret est annoncé vers 21 h et de ce fait l’équipage sera appelé au « poste de manœuvre ».

Le mascaret de l’estuaire de la Seine

Dans l’estuaire de la Seine, le mascaret augmentait le niveau de l’eau jusqu’à + 2,5 m. La vague remontait vers l’amont a une vitesse de 25 km/h. Elle faisait courir de gros risques aux bateaux restés à quai, rompant leurs amarres et les fracassant sur le quai. Les bacs stationnaient au milieu de la Seine pour éviter tout accident.
mascaret_CaudebecLe point culminant du phénomène se situait à Caudebec-en-Caux. Il attirait de nombreux spectateurs dont certains se faisaient « doucher » par les débordements de la vague. Les accidents n’étaient pas rares et on dit même que la noyade de Léopoldine, la fille de Victor Hugo, serait due au mascaret.
Aujourd’hui, Les travaux d’endiguement successifs dans la Seine pour la construction du Chenal de Rouen ont fait disparaître le mascaret dans ses aspects spectaculaires en 1963.
(source: Université – le Havre)

De fait, le mascaret ne s’est manifesté, ce soir vers 21 h, que sous la forme que d’une petite vague et comme l’équipage se trouvait au poste de manœuvre au moment de son arrivée, la mise en marche en avant de la machine en a totalement contrebalancé l’effet. Dans la cabine, cela n’a été ressenti que comme un petit balancement.
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Carte de la navigation sur la Seine,  17 octobre 2013

source: http://www.marinetraffic.com/

Route_Seine

Résumé de la navigation sur la Seine le jeudi 17 octobre 2013:

4h 30 : Pilote à bord
4h 40 : toutes les amarres sont larguées, l’appareillage est réalisé
5h 50 : bac de Duclair
6h 10 : bac de Yville sur Seine
6h 40 ; bac de Jumièges
6h 50 : bac de Yainville
7h 15 : Pont de la Brotonne
7h 25 : Caudebec
7h 30 : changement de pilote : embarquement du pilote aval (1) et débarquement du pilote amont (2)sur la vedette
Beau temps, bonne visibilité sur cette tranche de 4 h
8h 00 : relève de quart
8h 35 : Quillebeuf sur Seine
9h 00 : Pont de Tancarville
9h 10 : vue vers le marais Vernier
9h 40 : Pont de Normandie
9h 50 : Honfleur
10h 00 : sortie dans le chenal de Rouen
10h 25 : le pilote de Seine débarque
10h 30 : préparatifs d’arrivée au mouillage
10h 55 : mouillage de l’ancre

(1)    Et (2)Surnoms des pilotes de Seine: «margat» pour les pilotes d’aval et «perroquet» pour les pilotes d’amont. Aujourd’hui la tendance est à la polyvalence et les pilotes sont souvent capables d’effectuer le service des navires indifféremment sur les deux parties du fleuve.
Source l’article parue dans la revue  » Chasse-Marée »  numéro 169
lien vers le site internet de la station de « Pilotage sur la Seine » – Rouen – Caen – Dieppe
 

Comme annoncé, le bateau a quitté le port de Rouen-les-Moulineaux peu avant 5 heures ce jeudi matin 17 octobre 2013. À cette heure (bien trop) matinale pour moi, je dormais encore et le léger mouvement de balancement du bateau m’a réveillé un peu plus tard vers 5h30. Du hublot de la cabine, la progression du navire ne se remarque dans la nuit noire que par le défilement, à petite vitesse, des lumières sur la berge.

Après 8 h, la nuit s’efface et le fleuve et le paysage se dévoilent enfin.Beaucoup de monde à la passerelle: le pilote de Seine, le commandant, le second-capitaine, l’officier de quart, un élève officier de la Marine Marchande en stage à bord et le passage d’officiers de la machine venant communiquer des informations au commandant.
Le pilote de Seine, se déplace régulièrement sur toute l’étendue de la passerelle pour évaluer la position des balises, le courant, … mais aussi les instruments du bord : radar, sondeur, …Il annonce les caps successifs (à droite 10, à gauche 5, zéro la barre, ..) consignes que le timonier répète avant de les mettre en application. Et lorsque l’ordre a été mis en application, le timonier annonce la nouvelle position de la barre.Le pilote explique assez régulièrement le sens de la manœuvre par la situation particulière du fleuve à l’endroit où passe le navire : présence de courants, de bancs de sable, profondeur du lit, …Il parle aussi des nombreux bacs présents sur cette partie de la Seine, qui sur les 120 km entre Rouen et le Havre, n’est franchie que par trois ponts. Ces bacs (détail plus bas) sont prioritaires et les gros navires leur doivent le passage. Ce qui ralentit parfois la navigation.
La radio de bord diffuse les échanges du pilote avec les autorités portuaires ainsi que d’autres informations sur la navigation sur le fleuve. On entend aussi les échanges par talkies walkies entre la passerelle et l’équipage.Température frisquette et soleil plutôt discret. Nous laissons maintenant bien loin derrière nous, vers l’amont, une grosse masse nuageuse plutôt menaçante qui poursuit sa route vers Rouen.A condition d’avoir pris la précaution d’être bien couvert, l’endroit où la vue est la plus intéressante se situe à l’extérieur, sur l’aileron de la passerelle à 30 m au-dessus de l’eau.

???????????????????????????????A l’approche du pont de Tancarville nous suivons un bateau de couleur grise qui semble bien moins rapide que le Fort Ste-Marie. Nous le rattrapons d’ailleurs assez rapidement. ???????????????????????????????Dans cette partie du fleuve, les berges de la Seine sont plutôt plates, zones de pâturage où paissent des vaches en grand nombre. Nous passons sous le pont de Tancarville sans aucune difficulté et sur la droite du pont, en regardant vers l’aval, un important canal se divise en deux branches, chacune d’entre elles communiquant avec la Seine par l’intermédiaire d’une importante écluse. Au bout de chaque écluse un bâtiment à la silhouette d’une tour de contrôle.Après le pont, naviguant vers l’amont, un bateau rouge avance à grande vitesse, très haut sur l’eau il doit probablement être vide.
Nous avons maintenant rattrapé le bateau gris l’Emmy-Schulte qui s’est positionné un peu sur la gauche du fleuve pour nous laisser la partie centrale plus profonde. Nous le dépassons très rapidement et un des officiers me confirme que ce bateau est très lent et qu’il navigue actuellement au maximum de sa vitesse. L’an dernier au retour des Antilles sur le même Fort Sainte-Marie, nous avions croisé au milieu de l’Atlantique un autre bateau de la même compagnie l’ Anna-Schulte.

???????????????????????????????Déjà la silhouette particulière du pont de Normandie enjambe le fleuve et barre l’estuaire, sous un soleil maintenant bien installé mais les températures demeurent fraîches.Sur la rive gauche du fleuve, à proximité d’Honfleur, un important port à bois où trois bateaux sont en cours de déchargement et des «montagnes» de planches s’entassent sur le quai. L’odeur de bois parvient jusqu’à nous sur l’aileron de la passerelle.Vers 10 h, passage sous le pont de Normandie et l’allure du bateau est soutenue.
À gauche, Honfleur avec des maisons et des bâtiments plutôt coquets.Selon l’écrivain Tristan Bernard, habitué de Honfleur,: «quand on voit le Havre depuis Honfleur, c’est qu’il ne va pas tarder à pleuvoir. Quand on ne voit plus le Havre, c’est qu’il pleut déjà. »Les habitants du Havre, quant à eux, désignent Honfleur comme   «l’autre côté de l’eau ».

10h15, la vedette qui va venir récupérer le pilote de Seine est en approche et le Fort Sainte-Marie commence à ralentir. Nous sommes maintenant en mer face au Havre et à Sainte-Adresse et le vent a un peu fraîchi. Au large, de très nombreux bateaux attendent leur heure pour entrer dans le port.
Le pilote quitte rapidement le bateau et il a déjà commencé à descendre l’échelle du pilote avant même que la vedette venue le récupérer ne se soit complètement rapprochée de la coque du Fort Ste-Marie. La mer est belle avec une toute petite houle et toujours un grand soleil et comme le veut la tradition le pilote à peine arrivé sur la vedette nous adresse un grand salut de la main.

4__pilote_0Après son départ, vers 10 h 30, le Fort Ste-Marie met le cap sur la haute mer où il va rester à l’ancre jusqu’au début de la soirée, attendant, comme de nombreux autres navires, son tour pour accéder aux quais où les opérations de chargement des containers va s’effectuer toute la nuit et une partie de la journée de vendredi.

 Ce qui impressionne le voyageur perché sur ces gros bateaux lors de la descente de la Seine, en plus des méandres du fleuve, ce sont les contrastes permanents non seulement de reliefs et de paysages mais aussi d’activités. Quillebeuf (2) Des zones de grandes industries se succèdent avec leurs usines, leurs cheminées, les pontons où les navires chargent et déchargent. Parfois sur la berge opposée, de petits villages avec clocher, petites maisons, jardins, prés, … Quillebeuf (1)avec pour lien la navette des bacs. Port Jérôme et Quillebeuf,  Caudebec,…

???????????????????????????????2_6Pont_Normandie_ (2)Autre spectacle étonnant, celui découvert derrière les berges du fleuve et les arbres. Du haut de notre perchoir,  se découvrent sablières, bateaux échoués sur tapis vert et des superbes demeures apparaissent dans leur splendeur.

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Les bacs de la Seine entre Rouen et le Havre 

???????????????????????????????Chaque année, le service des bacs du Département de Seine-Maritime permet à plus de 10 millions de passagers de traverser la Seine. Sur les huit traversées, six bacs entrent dans la catégorie fluviale (Dieppedalle, Val de la Haye, la Bouille, le Mesnil-sous-Jumièges, Jumièges et Yainville) et deux dans la catégorie maritime (Duclair et Quillebeuf-sur-Seine). C’est la jauge des bateaux, calculée en tonneaux, qui fait toute la différence. En dessous de 50 tonneaux, il s’agit de bacs fluviaux. Ils sont alors armés par un équipage composé d’un capitaine et d’un matelot marinier. Au-delà de 50 tonneaux, leurs équipages se composent obligatoirement d’un capitaine, d’un chef mécanicien et de deux matelots. En cas de panne ou d’arrêt technique programmé, un bac fluvial et un bac maritime assurent la réserve.

???????????????????????????????bac_numSur le fleuve, les gros navires comme le Fort Ste-Marie ne sont pas prioritaire par rapport aux bacs.

 Abordage_bac_Seine_1925

Pour accéder au très intéressant site des usagers des bacs de la Seine, cliquer sur l’image, Une du « Petit journal » d’août 1925, relatant l’abordage du bac de Caudebec.

 

 

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Au mois de novembre 2013,
une remontée de la Seine suivie d’une nouvelle descente

11_b3_Pont_Morm (4)Un mois plus tard, je me retrouve à nouveau à l’embouchure de la Seine à bord du Fort St-Pierre en provenance de Dunkerque et après la traversée océanique du retour en Europe. Pendant deux jours, nous allons à nouveau naviguer sur le fleuve pour atteindre le port de Rouen pour une courte escale et dès le lendemain, une nouvelle descente de la Seine permettra de rejoindre le port du Havre.
???????????????????????????????Partis de Dunkerque, dans le grand froid et l’humidité, le mardi 19 novembre 2013 à la nuit tombée, agréable surprise, ce mercredi ce matin le ciel est totalement dégagé, et, un lever de soleil superbe illumine la mer devant le Havre et l’estuaire de la Seine. Nous naviguons à petite vitesse pour rejoindre le point de rendez-vous avec le pilote.
Vers 8 h 30 le bruit caractéristique de la chaîne de l’ancre pendant opération de mouillage se fait entendre. Ainsi la « pioche » est mise à l’eau en attendant l’heure de l’appareillage qui a été repoussée car la «prise du pilote» a été retardée à 9 h 30.
Pour les navires à fort tirant d’eau, les conditions de la navigation (heures de départ et d’arrivée, passage à certains endroits du fleuve, …) sont déterminées par les pilotes en fonction du niveau de l’eau dépendant des marées. Ce qui explique l’heure de certains départs précédés ou suivis de plusieurs heures au mouillage devant le Havre.

 ???????????????????????????????Aujourd’hui les pilotes de Seine ont décidé d’organiser un «convoi» de 3 navires où le Fort St-Pierre va occuper la deuxième position. Le premier navire nous a précédé et il navigue déjà au-delà du Pont de Normandie. Le troisième navire, un porte-containers bleu va nous suivre d’assez près car il et en train d’embarquer le pilote qui va guider sa remontée du fleuve.

11_b4_Tancarville (10)Quelques bateaux sont en pêche dans l’estuaire, tout près des berges, avec en fond d’image, 11_b4_Tancarville (2)d’importants troupeaux paissant de très vertes prairies.

11_b4_Tancarville (32)

Plus loin, des terrains cultivés jusqu’au bord du fleuve … dont un superbe champ de poireaux.

Et tout au long de la navigation les luxuriantes couleurs automnales de la végétation. Tout a bien changé depuis la descente du fleuve il y a, à peine un mois.

vegeta2vegeta (1)moutonsAu moment de l’appareillage une magnifique remontée de la Seine pouvait être espérée. Pronostic qui va se révéler imprudent car le beau soleil du Havre va assez vite se transformer en pluie froide et dense dès l’abord du pont de Tancarville. Sous l’intensité de l’averse, des moutons se regroupent dans l’abri d’un arbre encore feuillu.

Arrivée au port de Rouen les Moulineaux vers 16 h et, à nouveau une manœuvre impeccable pour «ranger» en douceur le Fort St-Pierre le long du quai, après avoir effectué une rotation à 180° dans le lit du fleuve pourtant pas très large à cet endroit. Ceci sans l’aide du remorqueur. Maintenant une intense activité se développe sur le quai et sur le navire car 500 mouvements (débarquement ou embarquement de containers) sont prévus, car l’appareillage est prévu demain jeudi à 6 h du matin.
Même le ravitaillement en vivres a été reporté à l’escale du Havre… ce qui a entraîné une pénurie de beurre au diner du soir à l’escale et pour le petit déjeuner du matin. Ce qui est proprement “dramatique” pour un breton mangeur de beurre!
Retrouvailles, à l’escale de Rouen, avec mon habituel compagnon de voyage, Joël Serre, qui a embarque cet après-midi avec 7 chevaux de course et 8 moutons. Ce voyage constitue notre troisième traversée commune en direction des Antilles.
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Jumièges :

JumiegesCes navigations, tout en haut du porte-containers bénéficiant d’une vue panoramique et imprenable, m’ont permis de découvrir (et de redécouvrir avec plaisir), navigation après navigation, l’abbaye de Jumièges célèbre dans le monde entier et considérée comme «la plus belle ruine de France». Elle fut un des plus grands monastères bénédictins d’Occident dont l’abbatiale Notre-Dame fut inaugurée par Guillaume le Conquérant en 1067. Ce gigantesque monument est tout particulièrement célèbre par la particularité et les proportions de son architecture, dont les tours jumelles, hautes de 46 mètres, dominent les méandres de la Seine toute proche.Jumieges_ (5)

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 Des ponts au-dessus du fleuve

BrotonneLes bacs de Seine Maritime acheminent de très nombreux voyageurs d’une rive à l’autre du fleuve, car entre Rouen et le Havre, seuls trois ponts franchissent la Seine.
Tout d’abord le pont de Brotonne mis en service en 1997, situé à l’est de Caudebec-en-Caux. Pont à haubans avec structure en éventail, long de 1.278 mètres avec une travée centrale de 320 mètres. Son tablier surplombe la Seine de 50 mètres.
Pour « naviguer » sous chacun de ces ponts cliquer sur leur image

tancarville (2)Puis, vers l’aval, le pont de Tancarville mis en service en 1959, tancarville (1)pont suspendu à haubans, de couleur rouge, qui, avec sa travée centrale longue de 608 mètres, était alors le pont suspendu le plus long d’Europe.

NormandieEt enfin le Pont de Normandie mis en service en 1995 qui relie les deux rives du fleuve sur l’estuaire. D’une longueur totale de 2 141 mètres avec une travée centrale de 856 mètres il surplombe la Seine de plus de 59 mètres.

Et comment ne pas admirer les magnifiques demeures situées tout au long du fleuve !

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 Si j’avais déjà effectué deux descentes de la Seine, par contre la remontée, en plein jour, a été une première et en quelque sorte cela m’a permis de découvrir une autre réalité, presque comme l’envers du décor.

Dommage que la météo ne se soit pas montrée plus sympathique car nous n’avons bénéficié que de courtes périodes de temps ensoleillé ventilées par un vent froid, et pour l’essentiel temps gris et pluies froides… mais nous étions en fin octobre et fin novembre !
L’alternance de périodes de “petit soleil” et de “grand gris” a toutefois permis quelques photos intéressantes mais qui ne peuvent restituer la diversité et l’intérêt des paysages et des réalités du fleuve et de ses alentours « survolés » à 30 m de hauteur… mais à petite vitesse (entre 15 et 20 km/h) et avec la perspective qu’apporte la hauteur de la passerelle.


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Une autre manière de revivre ces navigations sur la Seine, en 2013, au travers d’un diaporama (photos, petits bouts de films, musique) de 11 minutes
en cliquant sur l’image ci-contre.

 

 

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La descente de la Seine de Rouen au Havre en octobre 2012 à bord du Fort St-Pierre, diaporama de 15 minutes à regarder en cliquant sur l’image ci-contre.

 

 

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 ???????????????????????????????Jeudi 21 novembre 2013 – l’escale  du Havre

???????????????????????????????Le Fort Sainte-Marie n’est pas attendu à quai, avant 22 heures ce soir, dans le port du Havre aussi il va mouiller parmi les autres bateaux au «parking» à quelques milles au large. Les deux commandants choisissent soigneusement l’endroit du mouillage en tenant compte des navires déjà à l’ancre alentours, de la profondeur et du courant.
Le bosco communique avec la passerelle et le commandant lui indique qu’il doit prévoir 3 chaînons (un chaînon représente 27,50 m). Au moment choisi le commandant donne de l’ordre de mouiller l’ancre. En fait un peu plus des 3 chaînons prévus initialement vont se révéler nécessaires avant que la « pioche » ne soit bien établie. La position du navire est très soigneusement et très précisément calculée et reportée sur la carte. Elle est aussitôt communiquée par radio à l’autorité portuaire.
Le « stationnement » au mouillage sur cette position est prévu jusqu’à environ 21 heures ce soir.
01_2 (2)Le mouillage au large en attente de rentrer au port constitue une expérience nouvelle car je n’avais encore jamais connu cette situation au cours de mes trois précédentes traversées.
J’ai mis à profit ce « stationnement » en pleine mer, à quelques milles au large, pour ouvrir en grand mon hublot et profiter ainsi de l’air marin tout l’après-midi. J’en ai aussi profité pour aller de prendre l’air sur le pont où la température reste un peu fraîche malgré le soleil. Pendant cette période passée au mouillage, le bateau bouge un peu et à intervalles réguliers comme des bruits de chocs sur la coque se font entendre. La faute en incombe d’une part aux frottements de la chaîne de l’ancre et surtout aux vagues qui viennent taper sur le gouvernail et sur la coque.
Notre « place » dans le port avec les moyens humains et techniques y afférant (grues, dockers, véhicules de transport des containers, …) n’est annoncée qu’à partir de minuit. Dans la quasi-totalité des ports du monde (à quelques exceptions notables dont les Antilles) la règle est maintenant au fonctionnement 7 jours sur 7 et 24 h sur 24. Et les compagnies maritimes qui paient les services des ports (stationnement et services) ne souhaitent y faire demeurer leurs navires que le temps strictement nécessaire.
La soirée s’annonce tranquille car la navigation de rentrée au port du Havre doit s’effectuer de nuit.
Mais tout change vite, et en fin d’après-midi, le commandant annonce sur la sono du bord que le pilote du Havre embarquera à 19h30 au lieu de 21 h. Nous serons donc à quai vers 21 h.
01_2aDevant le cap d’Antifer dans la brume, un des ferries quittant le Havre pour Portsmouth. Plus tard, le brouillard se lève quelque peu et l’on aperçoit bien maintenant la ville du Havre et le long des plages du Havre à Sainte Adresse de nombreuses petites voiles blanches sur la mer.

vendredi 18 octobre 2013

0_carte_1Relève d’une partie de l’équipage qui débarque aujourd’hui au Havre. Vont notamment embarquer  le chef Mécanicien, qui occupait la même fonction l’an dernier lors de mon retour des Antilles sur ce même navire. Changement aussi de chef cuisinier où un Breton remplace un autre Breton : un Finistérien de Crozon embarque et un Morbihannais de l’ile aux Moines débarque.

Le Fort Ste-Marie se trouve à quai à proximité immédiate de l’écluse François 1er,. Ce nom rappelle que la création du port du Havre résulte d’une décision de François 1er en 1517.

Journée d’escale sous une pluie battante dans l’intense activité du port avec du coté du quai avec les portiques et la noria des engins transportant et déplaçant les containers, et, côté bassin des navires qui rentrent et d’autres qui sortent.
Parfois un container qui vient d’être posé est repris quelques secondes plus tard par le portique. Le grutier ne peut pas toujours, du haut de son portique, évaluer si le container qu’il vient de déposer s’est correctement emboîté dans le container situé en dessous. Aussi deux personnes surveillent les opérations pour signaler toute anomalie: un membre de l’équipage et un docker.

 

???????????????????????????????Les «opérations commerciales» sont terminées (en clair,  déchargement et chargement des containers achevés) aussi le navire va pouvoir reprendre la mer. La nuit est déjà bien tombée quand le Fort Ste-Marie se détache du quai, peu avant 19 h et entreprend de remonter vers la sortie du port.

Si la journée a été pluvieuse, la soirée est belle avec un ciel dégagé, une température douce, un vent faible et, surtout, un magnifique clair de lune qui habille le port et la ville du Havre de superbes couleurs où le bleu nuit domine.
Lorsque nous avons dépassé la jetée, le reflet de la lune sur la mer et le sillage du navire se rejoignent juste sur notre arrière. Au revoir le Havre.

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De Normandie en Bretagne

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???????????????????????????????Une longue nuit de navigation commence au cours de laquelle nous allons contourner la presqu’ile du Cotentin, passer au large des iles anglo-normandes, Guernesey puis Jersey avant d’entamer le contournement du Finistère.

02_0_carteUne nuit calme et reposante se profile car la météo est favorable et les mouvements du navire favorisent la qualité du sommeil.

samedi 19 octobre 2013

???????????????????????????????La traversée de 470 milles marins (870 km) séparant le Havre de Montoir de Bretagne s’est passée assez tranquillement. Le vent est resté modéré, sauf en mer d’Iroise, à la pointe du Finistère, entre Ouessant et la Chaussée de Sein, où des vents de force 6 et 7 ont accentué la houle et la hauteur des vagues jusqu’à près de 4 m. Et l’aiguille du baromètre a parfaitement enregistré cette baisse de pressions !

02_1Nous avons navigué dans cette zone dans une situation météo un peu paradoxale: du ciel bleu et un peu de soleil côté droit vers la haute mer et une procession (comme en Bretagne) de grains côté gauche vers la terre avec un ciel gris voire noir par instants.

Pendant les grains, je quitte la partie extérieure de la passerelle pour me réfugier bien au sec et au calme à l’intérieur sur le siège du passager.
???????????????????????????????Vers 11 h, nous nous trouvons à la hauteur de Douarnenez, aussi, ni l’ile de Sein, ni Penmarch, ni la pointe du Raz n’ont été visibles cette année. En 2001 et 2012, à la même période de l’année j’avais eu plus de chance.
L’après-midi, navigation plus tranquille dans le Sud de la Bretagne, à plus de 80 km au large.

02_1_ (1)Depuis la pointe du Cotentin, les officiers qui se sont succédé au quart à la passerelle ont indiqué sur le Livre de Bord : « TRAFIC IMPORTANT ». Dans l’après-midi la mention « TRAFIC FAIBLE » sera de mise. Ce que la carte ci-dessus, issue du site internet « Marine Trafic », permet de bien visualiser.
Les chiffres clés du « Rail d’Ouessant »
Le rail d’Ouessant est le nom communément utilisé pour désigner le dispositif de séparation du trafic (DST) maritime au large de l’île d’Ouessant, île la plus occidentale de la Bretagne.
123 bateaux montent ou descendent chaque jour dans le rail d’Ouessant. 44.000 navires ont emprunté le dispositif de séparation du trafic d’Ouessant en 2012. Ils étaient 53.000 en 2008. Mais le tonnage transporté restant équivalent, ceci confirme que les navires qui croisent devant la Bretagne sont bien plus gros que dans un passé récent.
Le rail d’Ouessant voit passer 1.300.000 passagers par an soit en moyenne 3.500 par jour et même 5.000 en comptant les équipages avec au moins un ou deux paquebots chaque jour dans le flux montant ou descendant. (source le Télégramme de Brest 27 août 2013).

02_1_ (4)Le rendez-vous avec le pilote (la « Prise du Pilote ») étant fixé à ???????????????????????????????20 h à l’entrée de la Loire, le navire a progressé à une vitesse plus réduite et navigue maintenant plus près de la côte. Dans cette zone la route du Fort Ste-Marie a approché, de loin, quelques bateaux de pêche.
L’inflexion de la route pour rentrer vers St Nazaire s’est effectuée au cours d’un virage spectaculaire autour de la bouée «SNA1», la première marquant l’approche vers St Nazaire.
??????????????????????????????????????????????????????????????Le soleil s’est couché en se cachant derrière une barre nuageuse, mais, il faut noter qu’il a fait preuve d’élégance en restant bien visible juste le temps de la photo!

La nuit est maintenant tombée alors que le navire approche du point de rendez-vous avec le pilote. La vedette du pilotage de St Nazaire, la « Couronnée IV » est au mouillage, tous feux allumés, à son emplacement habituel, et à notre arrivée, à l’heure prévue, un petit bateau rapide s’en détache pour porter le pilote à notre bord.

L’entrée dans l’estuaire s’est effectuée à bonne allure dans un environnement lumineux très inhabituel pour une navigation de nuit. Elle présente même un caractère un peu irréel car, la pleine lune, heureusement pas trop longtemps masquée par des nuages, apporte un éclairage étonnant s’ajoutant à la guirlande des bandes lumineuses qui habillent la côte depuis le-Croisic jusqu’au pont de Saint-Nazaire, en passant par la baie de la-Baule, Pornichet, …???????????????????????????????

Hier, vendredi soir, à notre départ, le Havre et l’estuaire de la Seine nous offraient un magnifique clair de lune, et, ce samedi soir, St Nazaire et l’estuaire de la Loire attendent notre arrivée à la lueur d’une Pleine Lune tout aussi belle !

???????????????????????????????Les manœuvres, avant l’accostage, à immédiate proximité du quai et d’autres navires, restent toujours un spectacle étonnant pour le passager spectateur. La précision et la concision des commandements du pilote et du commandant exécutés par les officiers et l’équipage viennent « déposer » le navire exactement à l’emplacement prévu. Manœuvre toute en souplesse mais sans véritable lenteur qui achève de positionner le Fort Ste Marie quelques mètres à peine à l’arrière d’un autre navire déjà à quai.

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dimanche 20 octobre 2013 – Jour d’escale à Montoir de Bretagne

03_0Réveil rythmé par le bruit métallique des containers déposés par les grutiers perchés tout en haut de leurs portiques, et une intense activité accompagnée de bruit règne autour du bateau car trois portiques sont à l’œuvre depuis cette nuit. Le déchargement de la cargaison non destinée aux Antilles n’est pas encore achevé, notamment sur la zone de la cale et du pont proche du château, qui a été totalement vidée. A ce stade des opérations, la vue plongeante jusqu’à fond de cale se révèle particulièrement spectaculaire.
A l’achèvement de cette phase commencera alors le chargement des containers réfrigérés destinés à la Guadeloupe et à la Martinique.
La brume matinale estompe quelque peu la Loire, vers son amont, ses iles de sable et le clocher de Paimboeuf. Plus tard, dans la matinée, nous bénéficierons d’un beau temps ensoleillé avant que la pluie ne s’invite !
Journée qui devrait se passer au port car le chef cuisinier, généralement bien informé, m’a annoncé un départ plutôt en fin de journée.
La fin de l’escale à St Nazaire – Montoir de Bretagne approche… sous une pluie battante. Les grues et les dockers sont toujours à l’œuvre pour charger encore quelques dizaines de containers pour les Antilles. Depuis hier soir, ils en ont débarqué plus de 300 pour en recharger autant. Les enseignes de la grande distribution en Martinique et en Guadeloupe importent presque tout ce qu’elles proposent à leur clientèle depuis la métropole… ???????????????????????????????Mon unique co-passager, embarqué à Montoir de Bretagne est Suisse Alémanique mais avec une ascendance originale : grand-père paternel Norvégien, père est né en Suisse et mère Bolivienne. Comme Tout Suisse qui se respecte, il parle les 4 langues officielles de son pays: l’Allemand car Alémanique, le Français, l’Italien et le Romanche. En plus de l’Espagnol appris avec sa mère et aussi l’Anglais.
Comme je lui proposai de le servir en vin au cours du déjeuner il m’a dit qu’il ne buvait d’alcool qu’au dîner en vertu d’un principe de son pays qui se résume ainsi :” kein bier vor vier”! (Pour les non germanophones, “pas de bière avant 4 heures!”).

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 La traversée océanique vers les Antilles

Départ pour la traversée océanique

???????????????????????????????L’heure du départ est proche et tout l’équipage se trouve au poste de manœuvre. Le pilote et le commandant dirigent les opérations depuis le poste de commande situé sur l’aileron gauche de la passerelle. Le second capitaine répercute les ordres et applique la vitesse commandée sur la manette du chadburn (Avant lente, ou Avant très lente ou Avant demi oo STOP, …) . Le timonier exécute les ordres de barre et annonce chaque nouvelle position de barre exécutée.

03_1Au début de la manœuvre la proue (l’avant) du Fort Ste-Marie est tournée vers l’amont du fleuve, vers Nantes, quant à l’arrière (la poupe) elle tourne le dos au pont de St Nazaire. Il faut faire pivoter le navire à 180° afin de positionner son avant face au large et préparer le passage sous le pont de St Nazaire.
Le navire « est servi » par deux remorqueurs : le Pouliguen qui a passé une amarre sur l’avant et le Bretagne attaché à l’arrière.
Manœuvre délicate car le vent est fort et le courant puissant. De plus l’estuaire de la Loire compte de nombreux bancs de sable dont plusieurs rassemblés constituent une ile au milieu du lit du fleuve.
La combinaison des actions des remorqueurs, l’un tirant l’avant du Fort Ste-Marie vers le milieu du fleuve, l’autre éloignant la poupe du quai, et les actions de la machine et de la barre du navire vont réaliser cette volte en à peine un quart d’heure. Et en 20 minutes, le navire a pris seul et sans assistance la direction de l’océan.
03_1b (1)Il va longer successivement le chantier naval où deux bateaux 03_1b (2)sont en cours de construction dont un, en voie d’achèvement, pour la marine Russe. Puis l’ancienne base sous-marine de la marine allemande où les « U-Boots » venaient se ravitailler pendant la seconde guerre mondiale.

???????????????????????????????Le navire passe sous le pont à 16 h 48.

Le Pont de St Nazaire est un pont à haubans, mis en service en 1975, il franchit l’estuaire de la Loire. D’une longueur de 3 356 mètres avec une portée principale de     404 mètres il surplombe le fleuve de 68 mètres.

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03_1b2 (2)Ensuite le tout petit port de St Nazaire qui ne peut accueillir que 03_1b2des petits navires. Les gros navires, porte-conteneurs, rouliers et pétroliers vont charger et décharger à Montoir de Bretagne ou à Donges. Sur la plage de St Nazaire, à marée haute, un promeneur bien couvert.
03_1e (3)

L’état de la mer au large ne permet pas la récupération du pilote par petit bateau rapide aussi une vedette rapide du port nous suit depuis le départ du port.

03_1d (2)03_1d (1)Trafic important de navires, parfois lourdement chargés,  vers l’entrée de l’estuaire et à la sortie du port et à chaque fois que le Fort Ste Marie croise une autre navire rentrant, notre pilote sort de la passerelle pour saluer son collègue pilote qui fait rentrer l’autre navire. Parfois les croisements s’effectuent assez près dans le chenal.

Arrivé au large, le navire effectue une manœuvre pour permettre à la vedette du pilotage de St Nazaire de se positionner le mieux possible dans l’abri précaire ainsi créé.
Le pilote descend lentement vers la vedette sur le pont de laquelle un marin maintient fermement la base de « l’échelle du pilote » car çà bouge énormément.

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 L’océan Atlantique

 Dès que la vedette emportant le pilote a quitté le Fort Ste-Marie, le commandant donne ses ordres pour positionner le bateau sur la route tracée vers la Guadeloupe.

???????????????????????????????La météo marine s’annonce délicate pour les deux prochains jours. Le bateau devrait rencontrer, dans le golfe de Gascogne et au large de l’Espagne et du Portugal, des conditions de mer bien plus difficiles que celles rencontrées hier autour de la Bretagne. Météo France nous promet lundi et mardi des vents de force 5 à 8 et des vagues de 4 à 6 m, voire plus. A partir de mercredi et l’approche des Açores, amélioration prévue car ensuite s’ouvre la route des Alizés vers les Tropiques.
À partir de demain lundi, nous rattraperons progressivement le décalage horaire avec la Guadeloupe. Changement d’heure pendant 6 jours, mais dans ce sens il s’avère agréable car, nos journées comptent chacune 25 heures… dont une heure de plus pour chacune de nos prochaines nuits.
Notre arrivée à Pointe à Pitre est prévue lundi 28 octobre vers 5 h du matin.

carte_FSM_2013lundi 21 octobre 2013
Premier changement d’heure cette nuit; excellent sommeil avec réveil vers 7 h, heure du bord. Après le petit déjeuner passage à la passerelle au moment du changement de quart. Le ciel est gris, le jour peine à se lever et le soleil n’est pas au rendez-vous. La mer est assez04_01_a forte avec un vent de force 6, des vagues à 3 m et des mouvements de tangage et de roulis assez prononcés. Le navire progresse dans la direction du Sud-Ouest (cap 240) et le vent souffle de Sud Sud-Ouest (207), soit de ¾ face à la progression du bateau. C’est comme si celui-ci encaissait, presque en permanence, des coups sur son avant, tendant à contrarier son avancée. L’action du vent tend à dévier sa route aussi il compense et voilà pourquoi nous sommes secoués !
Un coup d’œil sur la carte confirme que nous approchons du Cap Finisterre, pointe occidentale de la Galice espagnole.
Passage à la cuisine où le chef est en pleine préparation du dessert: une crème caramel et il me souffle un tuyau pour bien la réussir, il faut y mettre une pincée de gros sel.
A mon arrivée à bord, j’avais remis au Commandant NEDELEG deux exemplaires de mon carnet de voyage 2012. Un exemplaire circule parmi l’équipage et le chef cuisinier m’indique avoir beaucoup apprécié.
Jour de lessive et j’ai lancé une machine à laver. Chaque pont est équipé de cette machine en libre-service et à la simplicité de fonctionnement qui met la lessive à la portée du novice que je suis. Je vais pouvoir récupérer le linge séché d’ici une heure environ.

???????????????????????????????A midi le vent moyen souffle à plus de 60 km/h (force 7) avec des rafales à force 10 (plus de 100 km/h). Quand les paquets de mer s’écrasent sur l’avant du bateau, les embruns passent au-dessus de la passerelle et la grue de l’avant du navire devient invisible. Et il pleut très fortement.
Les températures sont douces : 17° pour l’air, 19° pour la mer, le taux d’humidité atteint 89%.
Ce temps devrait durer 2 jours environ.

«Ouverture la «cave» à 18 h 15
Menu_cave
A 18h15, comme prévu, le navire se trouve dans les eaux internationales, et le commandant a ouvert la cave. Beaucoup de monde, au pont A devant l’entrée du local où sont stockés les alcools, les cigarettes, la bière, les barres chocolatées,…Pratiquement tout l’équipage est présent, marins comme officiers … et passagers (sauf les équipes de quart). Une fois servi, chacun remonte à sa cabine les bras chargés de ses emplettes: bières, coca, alcool, cigarettes, mais aussi de la lessive, du dentifrice, des friandises et des bonbons, …Chacun avait pu consulter auparavant la liste des produits disponibles et les tarifs très avantageux qui sont pratiqués ici.
Le règlement s’effectuera, les jours suivants, en espèces dans le bureau du commandant qui aura établi une facture en bonne due forme pour « chacun de ses clients» à partir du bon de commande signé. Cette opération aura été matérialisée dans les informations journalières du bord sous le libellé « Règlement des dettes de caves chez le commandant ».
Ces ventes à bord ont pour conséquence l’établissement par tous (officiers, marins, passagers) d’une déclaration destinée à la douane concernant sa possession en alcools, tabac,… avant l’arrivée dans chaque port.
Lors de chaque voyage, les nouveaux passagers ont quelque difficulté à comprendre le sens de la formule : «ouverture de la cave» et il revient soit au commandant, soit à l’équipage de traduire et d’expliquer ce dont il s’agit.

Combien et qui sommes-nous à bord ?
Deux commandants (M. Nédélec comme l’an dernier sur ce même navire et M. Cazalis de Fondouce en doublure, ancien chef mécanicien, il est appelé à prendre le commandement du Fort Ste-Marie lors du voyage retour dans le port de Dunkerque.
Le chef mécanicien (M. Lartigau comme l’an dernier),.
Un second capitaine et un second mécanicien (MM. LEBLOND et BERTIN).
Cinq Lieutenants et un «Zef» (élève officier de la Marine Marchande).
Un Maître d’équipage (le bosco), un Maître mécanicien (le chouf), un Maître cuisinier (le coq) et un Maître électricien.
Un Maître d’hôtel , un garçon passagers et un aide cuisinier.
Trois Timoniers, deux Reefermen (électriciens en charges des containers frigorifiques), un mécanicien, un marin pont, un soudeur et quatre ouvriers peintres originaires du sous-continent indien.
Enfin un stagiaire lycéen et deux passagers.

Dans les conditions de mer actuelles, je passe beaucoup de temps bien assis dans le fauteuil passager à lire et à regarder la mer, toujours impressionnante. Les photos ci-dessous montrent bien le contraste de la vue depuis le «fauteuil des passagers» à la passerelle par beau temps et par mer assez forte comme aujourd’hui !

04_01bLe lieutenant de quart, rencontré lui aussi sur ce navire l’an dernier, est toujours aussi disponible et pédagogue pour répondre aux questions du béotien que je reste.

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mardi 22 octobre 2013

Réveil à 6h30, heure du bateau. Bien dormi comme d’habitude.
Ces journées à 25 heures offrent du temps supplémentaire offert pour se reposer mais aussi pour lire. Ce qui m’a permis de terminer assez rapidement la lecture du dernier roman d’Arnaldur Indridason «le livre du Roi», auteur islandais que j’apprécie particulièrement. Cette plongée dans l’histoire et dans la riche littérature de ce petit pays donne envie de lire ou relire quelques-unes des Sagas en commençant par exemple par «la Saga des Vörlungar». Dans ce récit écrit vers le XIIe siècle, vivent et agissent des personnages qui se retrouvent quelques siècles plus tard dans les opéras de Wagner, les romans de Tolkien ou ceux de Frank Herbert.
Le ciel semble plus clair et le vent toujours fort mais les mouvements du bateau ont changé.
Déjeuner puis séjour à la passerelle avant le changement d’équipe de quart où le lieutenant confirme que le vent reste fort (force 8) mais que nous le prenons par le travers. Notre route est pour l’instant inchangée (210° au Sud – Sud Ouest) le vent lui est passé au 280 (Ouest – Nord Ouest), hauteur des vagues de 5 à 6 m.

Vers midi nous allons changer de cap en passant au 240 ( Ouest, Sud-Ouest) pour passer dans le Sud des Açores. Nous avons parcouru 700 milles (près de 1.300 km) depuis le départ de Montoir-de-Bretagne et la vitesse du navire se maintient à la moyenne de 19 nœuds (35 km/h).
Le soleil est bien installé et les températures poursuivent leur remontée (20°9 pour la mer, 20° pour l’air). Installation à la passerelle vers 10 h, fauteuil passager, lecture sagas entrecoupée d’observation de la mer et de quelques photos.
???????????????????????????????A 11 h 30 changement de cap à l’heure prévue. Le Lieutenant de quart m’appelle pour que j’assiste à la manœuvre. Il passe en pilotage manuel et il rentre dans le système de navigation le nouveau cap à l’aide du petit cadran noir à 4 touches situé à droite de la barre. La nouvelle direction ne s’active pas immédiatement car le système n’effectue qu’un changement de 8 degrés par minute afin de ne pas déséquilibrer le navire et la cargaison par un virage trop brutal. L’ancien cap était au 211 et le nouveau à 242 soit 31° de différence. Le système prendra 3 minutes pour effectuer le changement de cap.
Le lieutenant de quart m’a aussi décrit les opérations permettant d’intégrer le vent et le courant dans ces calculs. La navigation nécessite une bonne maîtrise des maths. Il m’indique que dans sa formation il a acquis en plus des qualifications d’officier «pont » de la marine marchande, un diplôme d’architecte naval.
Ce soir nouveau changement d’heure .
Le chef cuisinier vient régulièrement nous demander si ce qu’il nous fait servir nous convient.
Le jeune lycéen en stage commence à trouver le temps long : « plus que 20 jours m’a-t-il dit ce matin ». Malgré la « permission » accordée dimanche à Montoir de Bretagne par le commandant, ce qui lui a permis de rendre à Vannes voir sa famille , les copains et surtout la petite copine !
???????????????????????????????Aujourd’hui, du fait des conditions météo, le pont tribord est interdit à l’équipage car c’est de côté que le vent violent pousse les vagues et les fracasse contre la coque et les containers. Quant à nous passagers, il nous est demandé de ne pas nous trouver à l’extérieur. Ce qui désole mon co-passager Suisse qui attend avec impatience de pouvoir enfin passer toute la journée à l’avant du bateau pour lire.
L’exercice sécurité réalisé aujourd’hui consistait à répondre à une alerte à la bombe suivie d’une explosion: victimes, dégâts importants, incendie,… Tout l’équipage mobilisé en tenue de pompier, masques à oxygène, … Impressionnant!
A 18h30, le traditionnel pot des passagers se tient, à l’invitation du commandant, dans le fumoir des officiers tous présents ainsi que le Zef … qui aide au service. A la fin du pot, le commandant nous invite à poursuivre la conversation en dînant à la table des officiers.

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Mercredi 23 octobre

05_a_Réveil vers 6h30, il fait jour et le soleil va se lever parmi les nuages sur l’horizon. Bien dormi comme d’habitude. Le navire bouge beaucoup moins que les jours précédents.
Passage à la passerelle. La route tracée sur la carte indique notre position dans le Sud des Açores à environ la même distance de Madère.
Ce matin tentative de premier lancer de ballon avec un résultat infructueux: le premier ballon a explosé avant le lâcher, quant au second, après un décollage difficile la transmission de données n’a pas fonctionné. Message de Météo France qui s’étonne de ne pas recevoir de transmission. Une réponse du commandant explique ces échecs par la présence d’un vent trop fort.
???????????????????????????????Vers 11h30, 3 navires sont présents dans notre secteur à environ 25 milles: le Minerva Alex qui va se rapprocher (photo) les 2 autres bateaux, le Nordic Gas et l’’Avonborg resteront invisibles.

Embarqué depuis maintenant une semaine à bord du Fort Ste Marie, j’ai, un peu comme tout le monde ici, perdu la notion du temps. Que l’on soit mercredi ou dimanche n’a plus aucune espèce d’importance, toute la vie à bord du bateau tourne autour des quarts à la passerelle ou du travail à la machine ou sur le pont. Et comme actuellement chaque nuit nous gagnons une heure de sommeil, c’est plutôt agréable.
05_b_ (6)Depuis ce matin, navigation bien plus confortable, car le navire ???????????????????????????????est nettement moins secoué, le vent a faibli et surtout, maintenant, on le prend sur le travers. Les deux derniers jours nous avons traversé une grosse dépression avec un fort vent dans le nez du bateau. Le tout accompagné de pluies violentes et pour mieux arroser les containers les paquets de mer passaient régulièrement par-dessus.
Le commandant a choisi la route la moins pénible dans ces conditions de mer en longeant les côtes espagnoles et portugaises avant de repiquer, hier, vers l’Ouest et la descente vers les Tropiques. S’il avait choisi la route directe au travers de la dépression avec un passage au milieu de l’archipel des Açores, nous aurions gagné un jour de « secouage » en plus !
Mais même dans le gros temps, la qualité de l’air est excellente.
Les conditions climatiques s’améliorent jour après jour et ce midi les températures étaient relevées pour la mer à plus de 23° et pour l’air à près de 24°. La piscine devrait être bientôt mise en service.

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jeudi 24 octobre 2013
17_a_navig_ (2)
Réveil à 6h30… sans changement d’horaire, le jour se lève, pas de pluie mais le soleil n’est pas encore levé.
Avant de descendre déjeuner passage sur le pont pour le lever de soleil qui commence à percer la couche nuageuse, mer calme.
Le Fort Ste-Marie se trouve, ce matin à 8 h, heure du bord, à la hauteur de l’archipel des Canaries (et du Sahara Occidental) après avoir parcouru 1.625 milles marins depuis le départ de Montoir de Bretagne (un peu plus de 3.000 km) et nous approchons de la moitié de notre parcours océanique.
17_instrumentsNous sommes dans une zone transitoire entre l’Atlantique Nord et les Tropiques où les températures commencent à devenir vraiment agréables avec 22°7 pour la température de l’air et déjà 25°1 pour celle de la mer. Le vent souffle toujours à force 5 avec des vagues de 2 m de hauteur mais plutôt de travers arrière… ce qui est bien meilleur pour notre confort.
Le tracé sur l’enregistreur barométrique confirme bien  l’amélioration de la situation météo.

Depuis hier après-midi, lorsque le navire a dépassé l’archipel des Açores de 200 milles, l’officier de quart a commencé à changer progressivement l’eau de mer des ballasts, qui comme l’exige la règlementation internationale, devra avoir été totalement remplacée avant l’arrivée aux Antilles.
Les ballasts jouent un rôle essentiel pour assurer l’équilibre et la stabilité du bateau à toutballasts moment notamment au moment du chargement et du déchargement de la cargaison mais aussi au cours de la navigation pour éviter que le bateau ne se plie.
16_c_containers_ (2)Hier après-midi, le commandant Cazalis m’a fait découvrir, depuis la passerelle, beaucoup de particularités à propos des containers. La norme internationale standard est de 20 EVP (20 Equivalents Vingt Pieds soit environ 6 m) mais il existe des containers de tailles différentes. Certains d’une longueur de 40 pieds sont plus haut d’1 pied (30 cm); ce qui explique que certaines rangées de containers apparaissent en ligne brisée. D’autres sont aussi un peu larges ou un peu plus haut, ce qui complique les opérations d’organisation de la cargaison.
Les containers sont inspectés à intervalles réguliers pour détecter leurs défauts et effectuer les réparations nécessaires. Pour repérer les défauts d’étanchéité d’un container il suffit de s’y enfermer, en plein jour et de regarder si la lumière s’infiltre à l’intérieur.
Quand les containers arrivent en fin de période d’utilisation, ils sont réformés et laissés sur le lieu de leur dernière destination.
Mais il existe aussi un phénomène de disparation de containers en bon état malgré le fait que chaque container porte un numéro d’identification peint sur son extérieur. Il porte aussi d’autres indications comme son poids à vide (la tare).
La tendance actuelle vise à l’allègement des containers à vide par l’utilisation de matériaux plus légers pour leur construction. Par exemple, vers l’avant du bateau voisinent un container pesant à vide 3.900kg et un autre pesant 3.860kg, soit 40kg d’écart. Un navire emportant 10.000 EVP allégés gagnerait 400 tonnes… ce qui diminuerait sa consommation de carburant.

coucher_soleilCe soir, à l’Ouest, presque en face de l’avant du navire, enfin un beau coucher de soleil avec un ciel sans trop de nuages sur l’horizon.17_d_coucher_soleil_ (18)

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vendredi 25 octobre 2013

???????????????????????????????Réveil à 5 h 30, il commence à faire clair. Petit café puis direction le pont où le ciel a commencé à prendre des couleurs.
???????????????????????????????Le soleil a pointé sous l’horizon à 6 h 27 locales, il va ensuite s’installer rapidement dans un ciel peu nuageux. Température agréable,  l’air est mesuré à plus de 25 ° par les instruments du bord. La mer, quant à  elle affiche à 27°.
Le vent est modéré (force 3) et les vagues ne dépassent guère 30 cm.
18_a_8hmatinAprès déjeuner, visite à la passerelle où l’équipe de quart termine la rotation de 4 à 8 h. La relève arrive peu après et le «reeferman» en charge du lancer de ballon sonde météo est venu vérifier si les paramètres de vent permettent le lancement. Il commence à préparer le matériel pour le largage du ballon qui aura lieu à 9 h, heure du bord, soit 11 GMT car nous avons à nouveau retardé nos montres d’une heure, hier soir.
Un des écrans de la passerelle est tombé en panne aussi le second capitaine, de passage à la passerelle lui applique le «reset marine marchande»: on éteint, on débranche puis on rebranche et on remet en service. C’est efficace car l’écran redémarre tout de suite.
La piscine sera remise en service aujourd’hui.

Les cargos et porte-containers construits il y a 15 ou 20 ans présentaient un confort bien plus important que ceux d’aujourd’hui : le château était bien plus vaste et à titre d’exemple, la taille des baies vitrées des «emménagements» : salles à manger, cabines, … se rapprochait de celle des vitres de la passerelle, ce qui n’est plus le cas aujourd’hui, la longueur de la piscine approchait les 20 m.
La construction rapide et en série des navires marchands d’aujourd’hui a fait baisser tous les critères anciens de qualité. A part sans doute sur les navires construits en Norvège qui ont gardé une partie de ce confort.
La durée de service d’un navire est aujourd’hui de 25 ans environ. Chez CMA CGM, les bateaux sont placés hors flotte avant ce délai et ils alors revendus parfois à des filiales et ainsi ils peuvent être réutilisés dans le cadre de location temporaire par exemple pour remplacer des navires en arrêt technique.
Généralement les nouveaux navires sont acquis dans le cadre d’une formule de crédit-bail ou leasing.

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Une vraie station météo à bord du Fort Ste-Marie

???????????????????????????????Une station météo complète fonctionne à bord des 4 navires de la compagnie CMA-CGM qui assurent la liaison avec les Antilles. Elle est équipée d’un poste informatique dédié sur lequel apparaissent en continu les différentes données relevées (vent, températures,…) et les coordonnées en latitude et en longitude. Données transmises en continu par satellite à Météo France à Toulouse.
Deux lancers quotidiens de ballon sonde apportent à Météo France des informations complémentaires transmises directement par satellite à Toulouse. Dans le même temps la station du navire enregistre aussi toutes ces informations qui s’affichent sur l’écran de l’ordinateur dédié.
Meteo (1)Le dispositif est complété par une observation du ciel réalisée toutes les trois heures par l’officier de quart selon un protocole et une grille d’observation du ciel et des nuages établis par Météo France.

Seules les conditions de navigation, et notamment un vent trop fort pour les lancers de ballon, peuvent perturber ces processus.

Tous les jours de la semaine, deux navires de cette ligne naviguent sur l’Atlantique et transmettent, plusieurs fois par jour, des informations à Météo France. Informations qui viennent compléter et affiner celles recueillies par les satellites.
Fregate_France_1Ce rôle était jadis celui des frégates météo de la Marine Nationale dont le dernier navire, le «France 1» a été retiré du service en 1985 pour devenir un navire musée à la Rochelle–la Palice son port d’attache. Le premier navire de ce type (un cargo) avait été mis en service par la France en 1938 pour aider à l’observation météo au profit de la navigation aérienne en Atlantique. Elle se développera de manière considérable pendant la seconde guerre mondiale.
Après 1985, des ingénieurs de météo France étaient embarqués à bord des navires de la ligne des Antilles et c’est plus tard que les équipages des navires CMA-CGM ont repris en charge ces tâches météo.
lancer2013Quant ils naviguent sur l’Atlantique, deux fois par jour, le Fort Ste-Marie (comme le Fort St-Pierre, le Fort St-Georges ou le Fort St-Louis) procède au lancement d’un ballon sonde météo équipé de capteurs mesurant notamment les températures aux altitudes atteintes, ainsi que la force et la direction du vent. Le lancer est assuré (si le vent le permet) par un « Reeferman » (marin électricien en charge de l’alimentation et de la surveillance des containers réfrigérés) à 11 heures et à 23 heures GMT.
Le ballon n’est lancé que si le vent apparent est inférieur à 40 nœuds (74km/h). Dans le cas contraire le lancement est annulé. Ce vent apparent est constitué par le vent réel et celui provoqué par le déplacement et la vitesse du navire.
En 2013, pendant notre traversée vers les Antilles, les conditions météorologiques des premiers jours n’ont pas permis le lancement de ballons, par contre les jours suivants, la situation s’étant améliorée, les deux lancers quotidiens ont été assurés. Il est toutefois arrivé que le lancer de 11 h GMT ne puise être assuré alors que celui de 23h le lancer s’est déroulé normalement. Au total 9 lancers ont été réussis pendant la traversée océanique sur 15 possibles.
Le dispositif comporte un gros ballon gonflé avec de l’hélium dans un «berceau» recouvert d’une bâche solide (pour annihiler ses tentatives d’évasion !). Il lui est adjoint un dispositif de lancement qui comporte un petit ballon rose relié à une cordelette (solide) de plus de 15 m. Ce qui permet de toujours maintenir le boitier contenant le dispositif d’enregistrement à cette distance en dessous du ballon.
Les instruments contenus dans le boitier sont activés par le « Reeferman dans un appareil qui provoque leur mise en service.
Pour suivre le « décollage » et la phase initiale du  vol du ballon, deux vidéos ci-dessous publiées sur dailymotion:
un lancer réalisé en octobre 2012
un autre lancer réalisé en octobre 2013

Après avoir suivi le lancement effectué par le « Reeferman », celui-ci revient à l’intérieur de la passerelle près de la station météo observer le début de la transmission des données. Le ballon atteint déjà 650 m après 1mn 25 de vol et la température est tombée à15°6 contre 25°6 mesurées au niveau de la mer.???????????????????????????????

En moyenne, le ballon monte à raison de 380m toutes les minutes et dans le même temps, la température baisse de 2 degrés environ. Vers la 10ème minute d’ascension le ballon se situe à 4.000 m d’altitude et la température devient négative.
bout d’une demi-heure, le ballon atteint 11.000 m où règne une température de -50°, puis -61°5 à l’altitude de 13.000m atteints 6 mn plus loin. Le point le plus froid va se situer à 17.000m d’altitude à -65°6. Plus haut les températures se stabilisent vers -61°.
Au bout d’une heure le ballon a dépassé les 20.000 m. Il est fréquent qu’il monte jusqu’à plus de 26.000 m avant de commencer à se dégonfler et à redescendre vers l’océan.
Les instruments accrochés au ballon ne se contentent pas de relever, en permanence, les températures aux différentes altitudes atteintes avec indication des positions géographiques, ils mesurent aussi la vitesse et la direction du vent. Toutes ces informations recueillies en différents points de l’océan sont indispensables pour alimenter les modèles informatiques permettant la prévision météo et ses évolutions.
Fin de la séquence météo.

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???????????????????????????????Bain très agréable, eau fraiche au début( pendant à peine 30 secondes) mais très vite excellente température, le soleil sur la ½ piscine avec passage d’un grain.
Petite sieste après déjeuner. Autre bain en fin d’après-midi.
18_e_Venus_ (7)Très beau coucher de soleil et pour la première fois depuis le début de la traversée de l’océan Atlantique.  La planète Vénus est bien visible dans le ciel, à 21 h GMT, vers l’avant du navire, peu de temps après la disparition du soleil sous l’horizon.
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18_d_navig_ (6)Dès que la nuit tombe, afin de ne pas perturber la vision des équipes de quart,   toutes les lampes de la passerelle sont éteintes et le rideau la séparant de la table à cartes est tiré. Seules les écrans projettent une faible lumière.

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samedi 26 octobre 2013

???????????????????????????????Réveil dès 5 h du matin du fait de l’effet de l’avance de nos montres pour rattraper le décalage horaire. Il fait encore nuit. Vers 5 h 30 le ciel commence à s’éclairer mais de nombreux de nuages vers l’Est. Vénus reste invisible car elle est masquée par les nuages. Juste le temps de préparer le café en attente du lever de soleil dont la présence se devine derrière les nuages, le ciel et la mer changeant de couleurs.
Températures très agréables, mer calme. Seul le bruit de la machine vient troubler un peu le spectacle de la mer et du soleil levant.

Le chef cuisinier (le «coq»prend son petit-déjeuner dans la salle à manger de l’équipage en compagnie du maitre mécanicien, le «chouf». Quand je viens leur dire bonjour, nous voilà 3 Finistériens dans la pièce. L’un (le chouf) originaire de Cornouaille (la pointe du Raz), un autre (le coq) habitant la presqu’ile de Crozon et le troisième (le passager) né dans le Léon (à Kerlouan au pays pagan).
Nous rentrons dans la zone tropicale vers 9 h, heure du bateau, en traversant le Tropique du cancer (23,27° de latitude Nord). Les tropiques (Cancer et Capricorne), présents sur toutes les cartes terrestres, sont ignorés par les cartes marines. Pour le marins seuls comptent les lignes qui ont un sens et des applications en termes de positions: les cercles polaires, le méridien de Greenwich qui définit les longitudes Est ou Ouest, l’équateur qui divise le globe terrestre en deux hémisphères Nord et Sud et la ligne de changement de date… compliquée à vivre m’a indiqué l’officier de quart qui l’a souvent franchie lors de navigations dans le Pacifique.
???????????????????????????????Pas beaucoup de trafic sur cette partie de l’océan, mais un navire repéré sur le radar passe à notre (relative) proximité.
La piscine n’a pas été vidée ce matin car le « cadet », le stagiaire lycéen, est en plein travail de peintures des éléments du bateau! Ensuite il a préparé le barbecue pour ce soir en cassant des cageots pour garnir de bois le barbecue. Enfin pour terminer la matinée il a vidé la piscine avant de la remplir à nouveau avec de l’eau de mer mesurée à 28°. Dès qu’elle a été « rechargée », j’y ai barboté près d’une heure !
Dans la journée, le ciel est couvert avec de fréquents passages nuageux parfois accompagnés de grains et bien sûr, par intermittence un grand et chaud soleil.???????????????????????????????
2_b_soleil_couchantEn attendant le coucher du soleil et le début du barbecue, Jossi, l’autre passager réalise quelques tractions de « barre fixe » sur un agrès ???????????????????????????????bricolé, installé sur l’auvent de la porte de la passerelle…  pour s’ouvrir l’appétit.

 

??????????????????????????????????????????????????????????????Au menu du barbecue de cette traversée, plusieurs variantes par rapport aux précédentes traversées. Tout d’abord un cochon de lait cuit au four et servi dans son grand plateau de cuisson, absolument succulent. Le contenu du plateau s’est évaporé à grande vitesse !
Autre variante très appréciée, du maquereau frais, pêché au large du Havre, pendant que nous étions au mouillage, nettoyé et congelé immédiatement.
Des brochettes préparées garnies de poisson, viande de bœuf, mouton, saucisse, poisson (dont une Sole ), des tranches de lard, …
Des gâteaux maison, fruits, vin rouge, rosé, ti’ punch, apéritifs, bière, mais aussi jus de fruits, Perrier, … selon les goûts de chacun.
1barbecue2Comme d’habitude ambiance très sympathique, avec la possibilité de parler, mais aussi de trinquer, avec le tout le monde autour de grandes tables où se retrouvent officiers, marins, machine et pont qui apprécient la table tout en parlant.
Les marins indiens (soudeurs et peintres) ont semblé beaucoup apprécier l’ambiance et le barbecue et leur intégration dans ce moment très convivial.

20_e__Venus (6)Et pendant ce temps là, le navire, avec l’équipe de quart à la passerelle, poursuit sa course vers l’Ouest, avec la planète Vénus, dans le ciel,  juste devant nous.

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dimanche 27 octobre 2013

20_a_matin_ (2)Réveil ce matin à 5 h, il commence à faire déjà clair. Le bateau roule plus que les jours précédents. À 5h50, le soleil commence à se manifester sous l’horizon. Le temps de faire le café et de revenir sur le pont, à 6 h il est déjà bien installé dans le ciel.
Beaucoup de poissons volants ce matin, toujours aussi difficiles à photographier ou à filmer… mais on y arrive parfois!
Déjeuner à 7 h, à part le garçon passager, personne à la salle à manger! Explication par l’équipe de quart à la passerelle: c’est dimanche ! Jour où les viennoiseries figurent systématiquement au menu du petit déjeuner.
Le dimanche, en mer et en plein océan, l’activité se réduit, ce qui permet d’effectuer de nombreux contrôles.
Une heure dans la piscine entre 8 h30 et 9 h 30 avant retour en cabine. Le bain creuse l’appétit car à 11 h j’ai déjà faim !
20_a_matin_ (5)Vent modéré toujours dans l’arrière du navire mais une houle assez forte ce qui provoque ce roulis devenu inhabituel depuis 2 jours.

Route_27oct (1)A moins d’une journée de navigation de la Guadeloupe, soir à moins de 700 km de cet archipel, nous avons gagné 12° en températures de l’air en 6 jours depuis les 17° de St??????????????????????????????? Nazaire à nos 29°d’aujourd’hui. Les vêtements d’hiver ont été rangés au fond de la valise au profit des bermudas et des chemises caraïbes. L’approche de la terre se manifeste, en fin de journée, par la présence d’oiseaux de mer, une frégate sur la photo ci-contre.

???????????????????????????????Quand la nuit tombe sur cette dernière journée sur l’océan, la planète Vénus est à nouveau, toujours face à notre route.

Le Fort Ste-Marie s’enfonce dans la nuit et quand le jour se lèvera demain matin nous serons arrivés à Pointe-à-Pitre !

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lundi 28 octobre 2013
Dernière nuit de navigation. Le rendez-vous du Fort Ste-Marie avec le pilote du Port Autonome de la Guadeloupe est fixé à 6 h, heure locale, face à l’ilet Gosier. Le navire va adapter sa vitesse pour arriver à l’heure en économisant le carburant. Nous devons doubler l’ile de la Désirade, première terre des iles Caraïbes vers 3 h du matin, puis petite Terre, réserve naturelle dont les seuls habitants sont des iguanes et des tortues marines, sans oublier son phare, le plus à l’Est de toutes les Antilles. En laissant Marie-Galante à bâbord, entrée en rade de Pointe-à-Pitre.

PAP_3
21_a_PaP_arriv_ (16)Dès 5 h du matin, le navire navigue à faible allure en rade, la nuit est encore présente percée par les lumières de la Grande-Terre, et en face, celles plus importantes de l’agglomération Pointoise. Un peu plus tard un magnifique lever de soleil enflamme le ciel de la Grande-Terre.
Nous croisons un remorqueur, des bateaux de pêche sortant du port, des voiliers marchant au moteur car le vent est très faible. Plusieurs cargos et pétroliers attendent au mouillage leur tour d’entrée au port. Un des bateaux rapides assurant est encore à quai au port de Bergevin à Pointe-à-Pitre et vers 6h45, « l’Express des iles » (rouge et blanc) en provenance de Marie-Galante va rentrer au port.
???????????????????????????????Tout l’équipage est à son poste et la manœuvre de positionnement du navire et son accostage se déroulent impeccablement. Avant 7 h, le Fort Ste-Marie est amarré au quai et le voyage se termine. Ci-dessous lien vers 2 courtes vidéo.
vidéo 1  –    vidéo 2
Puis le pilote du port autonome de la Guadeloupe quitte le Fort Ste-Marie.

21_a_PaP_arriv_ (18)Je reste à bord jusqu’à 13 h 30 et c’est seulement après le déjeuner que je quitterai le bord pour me rendre au port de St François situé à l’autre bout de la Grande-Terre. J’y embarquerai pour une courte traversée de moins d’une heure pour gagner l’ile de la Désirade, première étape de ma courte escale créole.

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Prochain chapitre:

Chapitre 4 : escale aux Antilles : la Désirade et Marie Galante

 

 

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